Charte de bon voisinage : un message, deux styles

Mademoiselle Aurélie en mode Orgueil et Préjugés

Pardonnez-moi, monsieur. Je me présente de nouveau à vous : je suis la personne qui vit juste en-dessous de votre logement. Permettez-moi de rappeler à votre bon souvenir mes deux précédentes visites furtives ainsi que la missive collée sur votre porte. En effet, je n’ai point perçu d’efforts de votre part quant à l’affaire qui nous occupe… Je crains fort de devoir vous importuner encore sur ce point. Votre musique, bien que sûrement charmante mais toutefois changeante, violoniste ou guitariste, trompettiste ou pianiste, que m’importe, n’est pas l’objet de mes tourments, quoique trop de tout, c’est toujours trop. Vos talons et l’usage abusif que vous en faites sur votre plancher me dérangent bien plus. Votre convive latin au verbiage extraverti et sonore ne semble pas, lui non plus, familier des us et coutumes de la vie en communauté. Je connais votre goût pour les divertissements tels que le déplacement de meubles ou encore le tomber fréquent d’objets sur le sol, mais je dois vous dire que tout le monde n’apprécie pas autant ces activités vides de sens. Puis-je vous suggérer également l’arrêt des travaux, discontinus somme toute mais très certainement des plus soudains, après 22 h ? L’utilisation de la perceuse, même par intermittence, me semble proscrite à une heure où tout le monde aimerait pouvoir dormir du sommeil du juste. Voyez-vous, je souffre d’un mal endémique et bien de notre temps : je suis atteinte d’une certaine intolérance au bruit. C’est pourquoi, je vous demanderai, dans votre extrême bonté, de bien vouloir prendre mes oreilles, et par la même mon existence toute entière, en considération dès lors qu’une de vos lubies musicales ou manuelles s’empare de votre mental. Je réalise que votre dépendance visiblement pathologique à la musique et votre manque total de mémoire et de conscience d’autrui vous poussent à ce genre d’excès. Toute cette histoire me chiffonne grandement et je m’en voudrais de devoir dégrader la nature de nos relations qui restent cordiales, du moins de votre côté de mon plafond.

Aurélie en mode Fast and Furious

Hé, mec ! Ch’suis la voisine du dessous, ok ? Ch’suis déjà venue deux fois et j’ai déjà collé une bafouille sur ta porte pour que t’arrêtes ton cirque. Mais je pense pas que tu aies bien capté ce que je t’ai dit. Donc, j’vais le redire une dernière fois. Tes gammes, j’m’en balance mais faut pas déconner, tes talonnettes à la con, j’en ai marre. Ton pote l’espingouin qui beugle au lieu de parler et d’rire, qu’il se casse ou qu’il se la ferme, au choix. Deusio, tes jeux débiles comme  « pousse-meuble » et « j’laisse tout tomber par terre », on s’en passe. Y’a que toi que ça amuse. Et si jamais tu déclenches encore ta perceuse contre le béton à 22h, même avec un entracte de mandoline d’une plombe, j’emplâtre ton minois en travaux contre ton mur en chantier, pigé ? J’aimerais dormir et j’y arrive pas parce que tu fais ch… Je supporte pas le bruit, tu saisis ? Alors tu vas arrêter de me casser les… oreilles. Et pis, tu vas pas oublier que j’existe non plus s’teuplé, sinon je vais te le rappeler. Alors, que tu sois un véritable junkie d’la musique doublé d’un égoïste sévèrement enfariné ou non, tu stoppes  les conneries. Ca me gonfle. Si tu veux la guerre, y’a pas de soucis, mon pote.

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4 réflexions sur “Charte de bon voisinage : un message, deux styles

  1. Une seule solution : tu fais comme Martine, tu te mets à la musique.
    Ou bien tu prêtes ta piaule à ta petite voisine pour qu’elle révise son violon pendant que tu es au cinoch’…
    Bisous

  2. Je ne partage pas l’avis d’El Chouchoune sur la seconde branche de son alternative. La première me semble toutefois trés exploitable : pourquoi ne pas te mettre, toi aussi, à la musique ? En plus de la guitare, du violon etc. l’intéressé me semble également être un adepte des solos de perceuse. Pourquoi ne pas lui en jouer un air ?

  3. J’aime bien ces commentaires sur deux modes de la fête des voisins !
    Belles variations sur le ton adopté et la dérivation vers l’humour pour supporter cette situation. Jean

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