Aucun sens, aucun contrôle, l’acceptation au mieux

Aurélie en mode « Je vais voir un film dont je ne sais rien« 

Deux ou trois imprévus nous ont menés, mon cher comparse pour la soirée et moi, à un dîner de makis (et non de « sushis », thank you very much) et au film « Extrêmement fort et incroyablement près » en compagnie de l’un des acteurs principaux du film qui a, paradoxalement, le moins de répliques : le vieux monsieur muet.

Encore une fois (n’est pas coutume (ou peut-être que si après tout)), j’élève la voix contre les critiques descendant ce film au rang de « lent », « raté » et « pleurnichard » et qui en détourneront plus d’un des salles de cinéma. En tant que spectatrice, je m’offusque.

Tout d’abord, il n s’agit pas d’un film, il s’agit d’une histoire, bien ancrée dans le réel des sentiments, sur le long terme, sans fioritures. Sans exagération forcée d’aucune sorte. Cette histoire, c’est l’histoire d’un garçon atteint du syndrome d’Asperger, dont le père meurt dans les attentats du 11 septembre 2001. Quelques temps après, il trouve une clé dans les affaires de son père et décide, bien logiquement, que s’il existe une clé, il existe une serrure, une serrure qu’il faut trouver et ouvrir car cela pourrait le rapprocher de son père disparu, ou du moins lui donner 8 minutes supplémentaire en sa compagnie. Un quête commence, pleine de modestie, tout en finesse. Nous ne sommes pas les témoins d’une course à l’américaine où le « happy end » arrive du ciel à la fin. Il n’y a pas de « deus ex machina ».

Je pense que l’on touche là à deux des angoisses humaines de type universel mais que peu de nous s’autorisent à étudier. Et pour cause.

La première prend la forme d’une question : qu’arrivera-t-il s’il ne réussit pas à atteindre son but ? Cela n’aura pas de sens. La mort inattendue, violente et inexplicable de son père le laisse interdit. Et pourtant… C’est l’histoire d’un garçon qui essaye de trouver un sens à ce qui n’en a pas, de rendre logique ce qui ne l’est pas. De comprendre ce qu’il n’a pas compris. Le pourquoi.

La seconde est très bien illustrée par l’explication qui vous est fournie : si le Soleil venait à s’éteindre ou  exploser, nous ne le saurions que 8 minutes plus tard. 8 minutes pendant lesquelles le monde tournerait encore tel que nous le connaissons. Puis, la nouvelle nous arriverait et le monde ne serait plus le même. Plutôt angoissant, n’est-ce pas ?

Ce qui m’étonne le plus, c’est d’avoir regardé ce film sans ressentir plus d’émotions que ça. Car donner un sens et maîtriser sont deux de mes perfides compagnons. J’ai juste pensé « Il est bien ce film. Sandra Bullock et Tom Hanks ont fait du bon boulot, d’une légèreté incroyable. Ce môme est un acteur de génie pour son âge. Bon allez, on s’arrache ». Le film a pris tout son sens dans le métro alors que je rentrais chez moi. Et je suis persuadée que j’oublie plein de détails qui mériteraient réflexion mais revoir un film, ce n’est jamais comme le découvrir pour la première fois.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s