L’amour à la mère (« Maman » par Alexandra Leclère)

Aurélie en mode « Je vais au cinéma tout seule pour la première fois »

Ne vous fiez pas à une bande annonce qui prête à sourire. Ne vous fiez pas à l’allure grinçante d’une comédie dramatique entre Josiane Balasko, Mathilde Seigner et Marina Foïs. « Maman » d’Alexandra Leclère n’est pas un règlement de compte sous les atours d’un vaudeville entre deux répliques cinglantes sur fond de Bretagne. Le rire ici n’enlève rien à la blessure de deux filles qui voient leur mère redébarquer sans ménagement dans leur vie par le premier Lyon-Paris après une rupture sentimentale, 20 ans de silence et toute une vie de négligence affective sur le plan maternel.

La salle ne s’y trompe pas d’ailleurs. Public divisé : il y a ceux qui rigolent et ceux qui ne rigolent pas face à une Alice/Marina Foïs qui chante une chanson douce folle à sa mère et qui invite cette dernière à lui dire un mot gentil même s’il est improvisé, un fusil chargé dans les mains. Nous oscillons sur le fil du rasoir du tragi-comique porté par 3 femmes sur les relations mère-fille et les spirales familiales en général sans jamais tomber d’un côté ni de l’autre. L’équilibre parfait.

Pas question de complaisance bobo ni de prétendue analyse des relations humaines dans un film sympathiquement marketé. Faiseurs et défaiseurs de tendances éphémères, s’abstenir. On raconte une histoire vraie et simple et vieille comme le monde mais très peu explorée. On découvre ici les conséquences d’une génération sur l’autre (et sur la suivante), les réactions différentes face à un mur (duquel il faudrait lâcher prise mais dont on s’accommode au mieux) et la prise de conscience.

Le tapis se déroule… libérant le personnage campé par Josiane Balasko qui met toute son énergie à faire écran façon Telfon (sur lequel rien n’attache) face à deux filles qu’elle ne comprend visiblement pas et celui de Sandrine, interprétée par Mathilde Seigner, qui, contrairement à sa sœur gardant espoir, a choisi la virulence comme défense.

Devant une telle intrigue si pure, on ne sait pas décemment comment cela peut finir…  Ce schéma inextricable n’attend pas et ne supporterait pas de réponse toute faite. Et nous serions bien incapables d’en donner une, tous bêtes devant un problème pourtant cette fois-ci de la vraie vie.  C’est simple : cela finit sur le même ton de la justesse qui caractérise le film.

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