La Conciergerie, Marie-Antoinette et Stefan Zweig, un 14 juillet

Aurélie en mode blogueuse « J’ai visité pour vous… » ou façon Thomas Hervé pour Télématin

Moi et mon poto’ Adrien, on est allés visiter la Conciergerie. Alors, oui, vous allez dire, elle va voir Titanic un 14-15 avril (selon les fuseaux horaires) et elle va visiter la geôle de Marie-Antoinette un 14 juillet. Pur hasard ! Mes deux compagnons de séance/de visite vous le confirmeront. C’est en toute naïveté que j’ai proposé « le week-end prochain » dans les deux cas et qu’on m’a gentiment fait  remarquer que j’étais douée… Mais, ma foi, si l’univers me parle, j’en suis contente.

Deuxième remarque, le 14 juillet, c’est plus la prise de la Bastille, non ? Affirmatif, petits observateurs. Seulement, si cette date signe le début de la Révolution Française et de son indissociable soulèvement populaire, elle marque également la première seconde de la chute de la famille royale, Louis XVI et Marie-Antoinette, têtes baissées. Et si je m’attarde plus particulièrement sur le cas de la Reine, de l’ « Autrichienne », c’est parce qu’il a été porté à mon attention très récemment, l’œuvre de Stefan Zweig sur la vie, véritable, de cette jeune fille d’Impératrice déracinée. L’effondrement de la monarchie va entraîner les têtes couronnées de Versailles aux Tuileries, puis au Temple d’où le Roi ne sortira que pour se rendre à l’échafaud, et enfin, pour Marie-Antoinette, à la Conciergerie, qu’elle ne quittera, comme pour 95% des détenus de cette prison à l’époque, que pour rencontrer la guillotine. C’est donc dans un état d’esprit très au fait de l’Histoire que nous sommes allés, curieux, mettre un décor sur la description déjà détaillée et objective de Zweig du destin, de la personne et des derniers jours de la dernière Reine de France.

Appareil photo au poing, j’ai joué les touristes japonaises préparant un reportage photo et ai fait honte à Adrien, le parisien. Après avoir passé les contrôles de sécurité, incluant le passage de la carte bleue à l’entrée – oui, parce qu’après 25 ans, on est censés être riches -, vous pénétrez dans la salle des gens d’armes.

Cuisines, incendiées fin XVIIIe, inondées en 1910 jusqu’à plus soif, et donc rénovées pour finir bien plus proprettes qu’à l’époque.

Ancien Palais Royal de la cité puis prison d’Etat, cet édifice est devenu l' »antichambre de la guillotine » et, par conséquent, l’annexe préférée du Tribunal révolutionnaire.

On y entrait donc par la Cour de Mai (et de là, on sortait également après avoir été « préparé »), puis on devait se présenter au Registre, document sur lequel était consignés tous les mouvements des prisonniers, à savoir majoritairement, leur entrée et leur sortie… pour exécution par décapitation. On remarquera également une certaine hiérarchie dans le traitement des détenus, même arrivés à ce stade.

De gauche à droite : les cellules odorantes et bruyantes des « pailleux » pour les pouilleux, la « pistole » moyennant monnaie sonnante et trébuchante avec supplément couchette pour deux personnes, fenêtre et chaise, et les « prisonniers de marque » en cellule individuelle avec couchette et bureau (mais comme personne ne restait bien longtemps de toute façon…).

Dans le musée, on trouve également de nombreux documents de mise aux arrêts, de demande de visite de médecin, d’autorisations de correspondances et de dernières lettres des condamnés. On trouve aussi quelques détails qui valent le détour :

A voir entres autres : une guillotine pour vous rappeler où vous êtes, au cas où… et une plaque indiquant où Robespierre, l' »Incorruptible » condamné finalement par ses pairs au même sort que nombre de ses accusés, a passé ses derniers jours, à côté d’un pictogramme très moderne.

Concernant la geôle de Marie-Antoinette, où elle souffrit de nombreux maux l’affaiblissant de plus en plus (voir les œuvres servant d’introduction à ce billet – oui, parce que malgré tout, on devait/pouvait encore poser deux petites heures pour les peintres dans un moment pareil), les vestiges sont plus flous. Et pour cause…

Louis XVIII, apparemment très occupé à sentir le vent tourner dans un sens ou dans un autre pour accéder un jour au trône  aux dépends de son frère et de son neveu, a par la suite eu un regain de compassion pour sa belle-sœur (ex-Reine de France) dont il n’avait que cuire lors des différentes opérations d’évasion, et a fait construire sur la moitié de la vraie cellule de Marie-Antoinette un autel à la mémoire de la famille royale et une chapelle dite expiatoire, rien que ça.

Plus fort encore, il fit construire une salle de bains sur l’autre moitié de la cellule où l’on peut voir aujourd’hui une reconstitution des conditions de détention de « Madame déficit » dont le destin était passé de l’insouciance totale et de la richesse dépensière à la haine et à la mort.

Deux soldats gardaient la prisonnière en permanence et malgré cela, l' »Affaire de l’œillet », durant laquelle un fidèle de la Reine déchue réussit à échafauder un plan d’évasion qui entraîna temporairement et malgré eux un garde et la femme du chef de la prison dans leur manigances, put voir le jour le temps de quelques lunes.

En bref (à entendre purement pour la forme), je vous conseille vivement le livre de Stefan Zweig intitulé « Marie-Antoinette » où il dépeint une personnalité, une vie, une Révolution, avec une finesse d’analyse de faits objectifs et une psychologie remarquables pour vous prendre une grande leçon d’Histoire dans la tête.

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