The Skye light (partie 1)

Aurélie en mode « à l’autre bout du monde »

(Ouais, ouais, je sais, les « partie 1 » et « partie 2 » commencent à ressembler à une technique de marketing de bouquins pour ados transformés en blockbuster…)

La prochaine étape a été des plus similaires aux étapes précédentes et aux étapes suivantes mais elle m’est la plus chère. Sur deux plans. L’identité de l’île et les rencontres.

Cette aventure commence par 3h de car entre Inverness et Kyle of Lochalsh. Nous avons donc re-contourné le Loch Ness et valdingué dans les Highlands, entre milles tournants et cent collines. Au milieu de tout ça, nous découvrons une règle du Backpacker en herbe. Les backpackers, bien que ne se connaissant pas, se repèrent très vite (grâce notamment mais pas uniquement, à leur sac de rando blindé), font une partie du voyage ensemble et se re-croisent. Au cours de ce voyage, il nous a été donné de voir des têtes familières plusieurs fois à différents endroits et surtout sans que nous ayons pris le même chemin ni la même auberge. Et ceci a quelque chose de rassurant car le backpacker sait qu’au hasard d’un croisement, il pourra demander une info que ses camarades auront certainement en tête. C’est une sorte de connivence entre voyageurs, un courant tacite au travers de la toile des autochtones, que j’apprécie vraiment énormément.

A Kyle, petit village de 700 âmes environ, nous avions décidé de traverser le pont qui relie l’île principale à l’île de Skye à pied. Soit 500 m de marche au-dessus du niveau de la mer entre deux terres. Ce qui ne nous avait pas traversé l’esprit, c’est que le réseau de bus qui relie Kyleakin, une bourgade, à Armadale, une autre bourgade mais notre destination avant tout, s’arrêtait à 14h et qu’entre deux, il nous fallait bien passer par Broadford, un autre village. Ni une ni deux, nous avons effectué un 2e treck, sacs sur le dos et sur le ventre, K-Way au vent, transpiration alarmante, appareil photo à la main pour prendre des clichés à la volée et avec pour seule motivation : arriver de l’autre côté de Kyleakin avant notre bus. Nous avions une marge d’à peu près 5 minutes en marchant très très très vite. Et pour faire court, nous avons réussi. C’est l’un des moments, avec le franchissement de la rivière sans pont, où j’ai le plus ressenti de vie et de dépense heureuse de soi lors de ce voyage. Pause photo…

Broadford a donc accueilli notre pause déjeuner avec un vent à décorner les boeufs en attendant le prochain bus pour Armadale. Pause photo…

Dans le bus de Broadford, enfin soulagées d’avoir attrapé le dernier car pour Armadale de la journée (à 14H15 !!), le voyage n’était pas encore fini… Notre auberge était située à 3,5 miles du terminus du car. Fort heureusement, sur le conseil de vieilles dames californiennes de passage, le chauffeur (le seul être désagréable que nous avions croisé jusqu’ici) a bien voulu nous ramener au bout de la route. Et nous sommes enfin arrivées dans la plus atypique des « auberges de jeunesse » qui soit, seules… Toutes les portes étaient ouvertes mais personne n’était là. Le propriétaire de ce que je qualifierai plutôt affectueusement de « gîte », habitait non loin et jouissait d’une tranquilité d’esprit flagrante (en même temps, dans le coin…).

Après cette demi-journée de folie, débarquer dans cette maisonnette a été d’un confort indéniable. Honnêtement, tout ce que mes yeux ont pu repérer, à part l’environnement chaleureux et simple du foyer, fut le téléviseur et le canapé situé non loin du poêle… Je me suis donc allègrement affalée et emmitouflée dans une grosse couette que le descendant d’une lignée de Mac Donald m’a collée dans les bras avant de faire du feu pour que ces « deux demoiselles de France » ne meurent pas de froid (enfin surtout pour que « Sarah » ne meure pas de froid… Pas qu’elle avait plus froid que moi, je vous rassure, que nenni ! Seulement, sa fine silhouette avait fait mouche et la mienne « was fine too but Sarah’s, you know… »).

Après avoir regardé une anglaise qui ressemblait en tout point à une chouette (c’en était vraiment troublant à cause de ses clignements d’yeux !) perdre la version locale d' »A prendre ou à laisser », nous avons discutaillé avec ce monsieur de 70 ans passés de l’Ecosse et l’indépendance nationale, des industries et de la « pauvreté » du pays. Jusqu’à ce qu’un couple de… français débarquent. Et la discutaille a repris. Jusqu’à ce que, attention mesdames et messieurs, Diane et David reviennent du port où ils avaient passés toute la journée dans l’espoir de prendre un ferry pour l’île principale (mais la mer ne s’était pas calmée de la journée). Ces 2 hippies plus tout jeunes m’ont tout d’abord amusée avec leur look de routards à la peau dure, après ça, je les ai adorés. S’en est suivi environ 5h de blagues, de ping-pong verbal, de rires, de discussions sur la société, sur la vie, sur l’évolution du monde… de A à Z dans la langue de Shakespeare et de la Reine sans aucune incompréhension ni d’un côté ni de l’autre pour ajouter à mon euphorie… le tout entrecoupé d’un dîner, de photos, d’un dessert de « crêpes » banane/yahourt/nutella faites par Diane et partagées avec nous, d’une partie de cartes et d’une bonne nuit de sommeil. Du pur. Du simple. De l’apaisant. Du sacré. Pause photo…

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