Ca me chatouille, ou plutôt, ça me gratouille

Aurélie en mode pas du tout piquée, tout est cool, sous contrôle

– Docteur, il faut m’aider. Je suis en manque. Je fais des crises de plus en plus rapprochées.

– A combien de mois êtes-vous niveau sevrage ?

– Juste 4 mois, Docteur. J’ai fait pire avant. Je suis allée jusqu’à 1 an et demi mais là, je sais pas, je replonge.

– Savez-vous ce qui a pu déclencher ce phénomène ?

– C’est venu doucement, progressivement. J’étais au bureau un jour et quelqu’un a prononcé le mot interdit, vous savez bien. Alors là, bon, j’ai maîtrisé. Mais j’ai continué à y penser. Comme une graine qui germe et quelques jours après, quelqu’un d’autre en a parlé un midi. Et, puis, il y avait cette autre fille qui en est revenue justement. Et là, c’est ma famille qui a été atteinte. Et moi, je résiste plus. Si même mes proches s’y mettent, comment voulez-vous que je m’en sorte, hein ?

– Vous avez fait appel à des groupes de soutien ? Ca aide parfois.

– Vous pensez bien que oui ! On en a même créé au boulot des petits groupes spontanés entre nous. Et puis sur Facebook aussi ! On se soutient. On compare les délais. On se ment mutuellement pour tenir. On fait semblant d’être enthousiastes chacun à notre tour… On se promet que le soleil sera au rendez-vous tant qu’on y est.

– Quels sont vos symptômes exactement ?

– Euh… J’ai des bouffées de chaleur à l’évocation du sujet. Tout à coup, je m’énerve alors que j’étais parfaitement tranquille. Je deviens même agressive comme une lionne si j’entends les prénoms David et Jonathan. L’autre jour, j’ai gribouillé au feutre indélébile noir sur le sac d’une collègue de façon incontrôlée tout ça parce qu’il y avait le logo du Club Med dessus…L’odeur de la crème me provoque des plaques rouges sur les bras et le cou… J’ai des hallucinations auditives aussi. La nuit… J’entends des grillons ! En plein Paris !!

– Je comprends, mademoiselle. Vous nous faites une bonne « congétite » aigue, on dirait. Rien de bien méchant. Faut juste attendre que ça se passe. En attendant, on va vous mettre sous vacantine, hein. Et puis, vous allez vous coller un patch qui permettra de faire croire à votre cerveau que vous recevez déjà la dose minimum des effets de vraies vacances en simulant le niveau de dopamine que provoque normalement l’air pur. Vous ressentirez moins le besoin de liberté jusqu’à ce que vous soyez enfin en congés. Achetez-vous quelques Mr. Freeze en rentrant et mettez du sable chaud au milieu de vos vêtements dans la commode. On n’est jamais trop prudents.

est_ce_que_tu_viens_pour_les_vacances

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2 réflexions sur “Ca me chatouille, ou plutôt, ça me gratouille

  1. excellent n’oublie pas si le besoin est urgent tu peux tjrs venir nous voir 😉

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